Bains froids : 1 minute par degré… vraiment?
En hydrothérapie froide, choisir la minute par degré est un bon point de départ… mais cette règle nous (adeptes et thérapeutes) semble cependant incomplète.
Nous savons que le temps d’immersion, la température, le courant, les conditions climatiques et nos années de pratique sont des données importantes à prendre en compte. Ce serait donc malheureux de ma part de répéter des informations que mes collègues et ami-e-s givré-e-s ont déjà apportées dans leurs excellents posts/articles.
Je vais donc plutôt vous donner trois infos (supplémentaires et non exhaustives) à prendre en compte si vous souhaitez réaliser une immersion en eau froide. Partons du principe que l’immersion est statique, car si vous nagez, d’autres paramètres entrent en rigueur.
Notre ressenti
Se focaliser sur un chiffre pourrait amener à exagérer le temps d’immersion. Que nous fassions des bains courts ou longs, les bénéfices ne seront pas les mêmes. Avec mes stagiaires, nous définissons la longueur d’une immersion par rapport à nos ressentis physiques. Ces derniers peuvent changer selon notre état de fatigue physique et/ou mental, notre profil, notre sensibilité au froid, notre pourcentage de graisse corporelle (moins d’isolation = plus de tremblements) et bien d’autres facteurs.
Immersion courte
Ressenti : Dépassé le pic d’adrénaline, nous pouvons ressortir au moment où nous récupérons un rythme respiratoire correct (à peine quelques secondes).
Utilité: Elle permet de mieux tolérer les stress de la journée ou encore de sortir d’un état d’anxiété.
Immersion longue
Ressenti : Bulle de chaleur et sensation de bien-être/relâchement. Quelques brefs tremblements peuvent apparaitre.
Utilité: Plus nous restons longtemps, plus le contre-coup sera grand. C’est un bon entraînement pour préparer notre corps aux changements de température ou pour créer une sorte de méditation « forcée ».
Immersion très longue
Ressenti : Tremblement impossibles à arrêter et plutôt violents.
Utilité: Considérée comme un entraînement intensif, contre-coup garantit. À éviter en cas de fatigue, de fébrilité ou de maladie. L’objectif ici est d’améliorer notre résistance physique et mentale.
Notre profil
En naturopathie, nous utilisons des « caricatures » (les constitutions/tempéraments) qui nous laissent entrevoir quelques pistes de réflexion concernant notre fonctionnement et notre santé. Pour les utiliser correctement, il peut être bien d’exagérer quelque peu nos traits de caractère sans les prendre trop au sérieux non plus. J’aime instruire mes stagiaires sur ces différents profils surtout pour leur montrer à quel point notre relation au froid peut différer.
Si vous souhaitez exécuter un petit test en ligne en lien avec ces profils, n’hésitez pas à lire cet article: https://www.yota-sante.ch/blog/profilnaturo. Et, si cela vous intéresse, n’hésitez pas à me contacter, je vous donnerai quelques infos en lien avec votre pratique des bains froids.
Notre état de fatigue physique et/ou mental
Selon votre fatigue, votre niveau de stress, votre état de santé général, votre hygiène de vie et bien d’autres facteurs, votre tolérance au froid peut évoluer. D’un jour à l’autre, votre temps d’exposition peut demander une correction que la minute par degré ne vous fournira pas.
Attention à notre dette d’énergie après nos bains!
La fatigue, la sensation de froid prolongée (5-6 heures), l’idéation ralentie (l’impression d’être au ralenti mentalement) sont les signes d’une exposition au froid très (trop ?) prolongée. Il est alors primordial de lui apporter du sucre et de la graisse (des calories) mais également des minéraux, car il y a, généralement, une bonne déperdition en magnésium (contraction musculaire) et en potassium (force de contraction musculaire et normalisation de la pression artérielle).
Plus l’exposition est longue plus la dette sera grande. Pas de panique, c’est l’objectif de ce genre d’exercice : nous voulons que le corps s’adapte pour, qu’à l’avenir, il puisse mieux réagir face aux changements de température. Trouver ses limites et combler les pertes (si les symptômes apparaissent) sont des points essentiels.
Chez certaines personnes, le système digestif a de la peine à bien fonctionner après les bains froids. Dans ce cas-là, je leur recommande de manger quelque chose de léger et en petite quantité, quitte à reprendre des aliments 2-3 heures après la première collation post-immersion.
Que manger après une rude exposition au froid ?
Chocolat à 60% de cacao (présence de polyphénols et de minéraux en bonne quantité)
Banane (ou autre fruit) et oléagineux (uniquement si facilement digérés)
Fruits secs (raisins ou figues par ex.) et oléagineux (uniquement si facilement digérés)