Idéal de beauté: le grand biais des réseaux sociaux

15 ans dans le monde de la santé et du sport. Voici mon physique aujourd’hui.

Pas de filtre, pas de lumière de studio, une photo prise avant ma séance, en appui sur un rack à squat, après une journée de travail sédentaire. Rien de très « instagramable », et pourtant, je suis fier de conserver ce corps avec les années qui passent.

« C’est pas terrible ? » Ben… c’est la réalité.

Ce que l’on voit sur les réseaux sociaux en termes d’esthétique pure n’est clairement pas un exemple du physique que l’on peut acquérir facilement, ni même durablement. Il est temps de briser ce mythe.

Pour être totalement transparent : oui, j’ai eu un physique plus « sec » et plus musclé par le passé. Mais pas pendant des années. Maintenir un tel état de forme sur le long terme, avec un travail sédentaire et un amour prononcé pour la bonne bouffe, est physiologiquement et psychologiquement épuisant.

Ce que vous voyez ici est un physique de maintien, stable depuis 6-7 ans. Il est le résultat d’entraînements quotidiens (de 20 min à 1h30) et d’une gestion alimentaire « acceptable » 😅.

Mais pourquoi n’ai-je pas « plus » de résultats visibles ?

  • Je vis pour manger. L’alimentation est le premier levier de la recomposition corporelle. Privilégier le plaisir gastronomique implique mécaniquement un plafond de verre sur la définition musculaire.

  • Il faut de la difficulté pour évoluer, mais une difficulté bien dosée. Pour atteindre un niveau esthétique supérieur, il faudrait que je me donne davantage à chaque séance. Aujourd’hui, je privilégie la régularité et la santé sur la performance brute à chaque entraînement. La durabilité prime sur l’intensité maximale.

  • Je m’entraîne pour développer toutes mes qualités (force, endurance, puissance, mobilité). Or, la spécialisation esthétique entre souvent en conflit avec la performance globale. Un corps capable de tout faire n’a pas toujours l’apparence parfaite.

  • Le refus de la dépendance aux compléments : Je peine à prendre des compléments alimentaires. Bien que je les prescrive souvent pour des objectifs esthétiques ciblés et temporaires. Je préfère une collation réelle (pas toujours équilibrée…)

  • Prenez une photo de moi en hiver, et vous verrez un physique différent. Je suis plus performant et motivé quand il fait froid. Baser un jugement ou une critique sur une seule photo est une utopie. Le corps est dynamique, évolutif, et soumis aux cycles de vie. On ne peut pas tout optimiser en permanence.

L’idéal de beauté véhiculé et le délai attendu pour l’atteindre sont devenus une catastrophe sanitaire et psychologique. Nous voulons trop vite des résultats inatteignables, car nous nous basons sur des images triées sur le volet, souvent issues de conditions temporaires (sèche de compétition, éclairage parfait, déshydratation passagère).

Ces fausses informations se propagent bien plus vite que ce post qui, au mieux, touchera quelques centaines de personnes. Mais si cela permet à ne serait-ce qu’une personne de se réconcilier avec son reflet dans le miroir et de comprendre que la santé est un marathon et non un sprint esthétique, alors cela vaut la peine d’être dit.

Soyez bienveillants et bienveillantes avec votre corps, il est le seul que vous garderez toute votre vie.

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