La dépendance cognitive
Nous vivons une époque technologiquement magnifique. L’accès à la connaissance n’a jamais été aussi facilité. Mettons un instant de côté le coût de cette accessibilité (car oui, cela a un prix, surtout écologique) et concentrons-nous sur les conséquences que cela peut avoir sur notre corps et notre cerveau.
L’être humain cherche systématiquement le confort, un héritage de notre survie dans un environnement originel dangereux. Aujourd’hui, pour beaucoup d’entre nous, la vie ne se déroule plus dans un milieu hostile. Le confort physique et la sécurité font désormais partie intégrante de notre quotidien. Pourtant, cela n’a pas modifié notre fonctionnement de base : la quête perpétuelle de confort. Il suffit d’observer les nouveautés technologiques ; elles sont conçues pour améliorer notre vie. Rien de plus normal, et il serait dommage de rejeter un confort que nos grands-parents ont si durement travaillé pour obtenir.
Cependant, omettre l’impact de cette quête de confort sur nos vies (économique, écologique, sociétale, physique et psychologique) reviendrait à faire l’autruche.
Personnellement, je ne pense pas qu’il faille bannir ces outils ou se priver de ce confort. Je souhaite aujourd’hui vous amener à considérer l’impact d’une utilisation abusive de l’IA (pour ne citer qu’elle) dans nos tâches quotidiennes (rédaction, e-mails, recherches et réflexions en tout genre). Moi-même, pour ce post, je vais utiliser l’IA pour corriger les fautes d’orthographe et affiner le sens de mes mots. Mais attention : le texte que vous lisez a été conçu sans elle, relu et corrigé manuellement avant de solliciter cette aide. C’est justement là que réside tout l’enjeu.
S’aider systématiquement d’un outil peut nous adapter à son fonctionnement, mais aussi nous « désadapter » à fonctionner sans lui (la dépendance cognitive).
Prenons en exemple notre réflexion : si nous nous habituons à penser et à créer en utilisant systématiquement l’IA, nous risquons de perdre en capacité cognitive lorsque cet outil n’est pas disponible.
« Maintenant qu’elle est là, ce n’est pas un problème », me direz-vous. Je n’en suis pas si sûre.
Une grande partie de nos échanges quotidiens avec nos amis, notre famille et nos collègues reposent sur des réflexions autonomes, sans l’aide de l’IA. La tolérance à l’effort intellectuel prolongé et la concentration nécessaire à n’importe quelle tâche deviennent finalement plus difficiles à maintenir.
Utiliser l’IA pour mettre en perspective certaines connaissances me semble très intéressant. Évitons simplement de nous perdre dans un confort qui, à la longue, risque d’être néfaste sur le plan cognitif.